Sa musique préférée : London Calling de The Clash (CBS record, 1979)
Son film ou sa série télé culte : Blow-up de Michelangelo Antonioni (1966)
S’il était un objet, il serait : un galet
Le livre qu’il aurait aimé écrire : La Pêche à la truite en Amérique de Richard Brautigan (1967. Traduit de l’anglais par Marc Chénetier, 10-18, 2004).
Un premier roman qui commence, innocemment, comme un récit de genre : un tueur (maniaque), des victimes (ensanglantées), un flic (sur le retour). Et pourtant. On aurait dû rester sur nos gardes avec cette écriture, faussement négligée, dont les écarts brusquaient déjà le rythme, et qui distillaient avec parcimonie des bribes psychologiques coupantes comme du verre pilé… Quand on a voulu se protéger, c’était trop tard : le récit avait explosé et les personnages avaient pris une dimension christique. L’engrenage nous tenait ; il ne nous lâcherait pas, même le tueur mort, même le livre refermé.
Après une adolescence passée à se plonger, alternativement, dans les comics et la poésie, Emanuel Dadoun a suivi des études de philosophie à La Sorbonne. Journaliste, il signe des papiers pour la presse (Nova, Libération, Paris Obs…), puis tombe dans le monde du polar après avoir dévoré le Journal de Manchette et Aucune bête aussi féroce d’Edward Bunker. Quelques notes de lecture plus tard, pour La Revue Littéraire (Éd. Léo Scheer), il s’enfonce encore plus profondément dans le noir. En sortira Lazarus, son premier roman.
Lazarus, Sarbacane, coll. Exprim’Noir, 2010